Archives & Dossiers du Poitou-Charentes

Les cimetières ont rendu l’âme (Parthenay 2006)

 

L’éternité est parfois éphémère ! Avec la Révolution, il a en effet fallu faire le deuil des nombreux cimetières que comptaitParthenay. Petit pèlerinage historique à la découverte de secrets d’outre-tombe…

Dès le moyen âge et durant des décennies, les sépultures des parthenaisiens ont été réparties sur une douzaine de cimetières. Les tombes médiévales étant le plus souvent en pleine terre, très peu de sarcophagesen pierre ont été découverts, excepté dans le jardin jouxtant l’église Saint Pierre, à Parthenay le Vieux. Les tombes fouillées depuis plusieurs années permettent pourtant de suivre une évolution des modes d’inhumations : au Moyen âge, on laisse un pot à encens et un pichet d’eau bénite dans la fosse. A partir du XVIe siècle, on noue des chapelets autour des mains des défunts.

Chacune des églises paroissiales de la ville possédait son cimetière : le Sépulcre, Saint Laurent, Sainte Croix, Saint Jean, Saint Pierre, Notre Dame de la Couldre, Saint Jacques. Celui de Saint Paul était installé à l’écart, sur le site du Rosaire. Il existait en outre d’autres lieux spécifiques d’inhumation : un cimetière protestant était notamment aménagé près du château. La communauté huguenote le cède finalement en 1686 à l’hôpital. Il sera transformé en cimetière des pauvres. Celui de la Maison Dieu était aussi destiné aux indigents. Enfin, celui de Sainte Catherine était réservé aux lépreux de laMaladrerie. Le repos n’étant pas toujours éternel, il a cédé sa place au carrefour du même nom…

 

Un caveau au Cordeliers.

L’inhumation à l’intérieur même des églises était plutôt réservée à quelques privilégiés. LesCordeliersont un temps servi de chapelle funéraire à la famille des Larchevêque.Ce fut le cas aussi pour Sainte Croix : après le déplacement d’un retable, on a redécouvert en 1853 les gisants deGuillaume VIIet de son épouse. Les fouilles de ces dernières années ont révélé l’existence d’unossuairesitué sous les vestiges de l’église Saint Jean. En 1992, un imposant caveau maçonné a été mis au jour dans la chapelle des Cordeliers. Il comportait un cercueil en plomb abritant des restes humains (dont des fragments de tissus et des cheveux).

Le mouvement hygiéniste impulsé au XVIIIe siècle condamne les cimetières paroissiaux. Ils sont tous fermés. En 1793, à quelques pas de la place du Drapeau, on crée un vaste cimetière communal. Un siècle plus tard, il est à son tour désaffecté, pour des raisons politiques, sanitaires mais aussi urbanistiques. Il sera transformé en jardin public. Dès 1894, l’actuel cimetière est mis en service. Situées en pleine ville, les nécropolesparthenaisiennes n’ont donc finalement pas fait de vieux os…

 

 

                                                                LaurentFleuret

 

 

 

Article relevé dans la Nouvelle République du 2 novembre 2006.



23/11/2012
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