Archives & Dossiers du Poitou-Charentes

Une zone vraiment artisanale (La Peyratte, 2002)

 

L’économie peyrattaise est en plein essor. Mais cela ne date pas d’aujourd’hui ! Les terrains de la future zone artisanale ont révélé une activité humaine plusieurs fois millénaire…

Sous les vertes et paisibles prairies peyrattaise, dorment parfois des vestiges insoupçonnés. Ils viennent de sortir de leur sommeil millénaire grâce aux archéologues Jean Noël Guyodo et Marie Billet. Travaillant pour l’INRAP (Institut national de Recherches Archéologiques Préventives), ils viennent d’achever une expertise archéologique débutée le 22 juillet dernier. Leur terrain d’investigation: la future zone artisanale de La Peyratte, à quelques encablures de la D165 et de la N.149. Si le projet couvre 10 hectares, leurs sondages ne concernaient en fait qu’un cinquième de cette surface. Ce type d’expertise reste rare en gâtine et le résultat est plutôt encourageant.


Installé sur une très légère butte, le site a longtemps été encadré par « des zones de battement des nappes phréatiques-autrement dit des marécages! - propices à la pêche ou la vannerie », comme le souligne Jean Noël Guyodo. Les recherches archéologiques ont révélé de nombreuses traces métallurgiques: des scories et des plaques de coulées métalliques, des nodules ferriques et des traces de combustion font penser à une forge ou un atelier de réparation d’outillage, voire de transformation du métal. Des analyses géologiques et métallurgiques vont compléter l’expertise. Maria Cavaillès, archéologue municipale de Parthenay, s’est elle-même rendue sur les lieux pour examiner la céramique.


Depuis 6.000ans:
Avant même de publier leurs résultats définitifs, Jean Noël Guyodo et Marie Billet peuvent déjà envisager trois périodes d’occupation du site. La première remonte à l’époque néolithique (5 à 6.000 ans) comme l’attestent plusieurs silex. Une petite installation gauloise s’est ensuite faite à l’aube de notre ère. Mais c’est à la fin du Moyen âge que le site semble avoir été le plus amplement occupé. Des trous de calage de poteaux et des traces de torchis sont les ultimes témoignages d’une maison de 10m sur 4, sans doute édifiée au XIIe ou au XIIIe siècle, et par ailleurs victime d’un incendie. Pour autant, difficile de savoir si l’ont est en présence d’une construction isolée ou d’un véritable hameau médiéval.
Les deux archéologues sont donc satisfaits de leurs mois de recherches: « Avec un minimum de fouilles, on a eu un maximum d’informations », constate Jean Noël Guodo. Si le chantier s’est achevé mardi, il reste encore à rédiger la synthèse scientifique des travaux. Les vestiges, eux, viennent d’être recouverts.

 

Laurent Fleuret.

 

Article relevé dans la Nouvelle République du 29 août 2002



28/11/2012
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