Archives & Dossiers du Poitou-Charentes

Vente de noix de coco sculptées par des bagnards (Charente-Maritime 1976)

   

A l’hôtel des ventes de la Rochelle, 55 noix de coco sculptées par des forçats de Rochefort et de Cayenne adjugées pour 90.000 f.

La Rochelle (Cor. Part.) Les noix de coco valent plus cher que celle du Périgord; mais, lorsque sculptées par des bagnards de Rochefort et de Cayenne, elles deviennent objets d’art, vous ne les trouvez pas sur les rayons des épiceries au prix du fruit exotique.

Le travail au canif, l’époque ou il fut accompli - Début du XIXe siècle-Confèrent alors aux noix de coco originalité et valeur. Les amateurs de curiosités ne s’y sont pas trompés: Venus des quatre coins de France, ils se pressaient jeudi soir en l’hôtel des ventes de La Rochelle.

 

Cinquante cinq noix de coco étaient mises aux enchères, et leur prix total a atteint la somme de 90.000 F. On vit une noix ciselée suivant une savante géométrie adjugée… à un juge pour une bouchée de pain: 350f, la cote la plus basse. Mais la sueur du bagnard a son prix, du moins à titre posthume, puisqu’une poire à poudre représentant deux compagnons regardant un tailleur de pierre versant à boire et portant la mention révélatrice « j’ai sué », a été enlevée à 3.000f. Deux colombes se bécotant ont été emportées contre la somme de 1.5000f. Napoléon sur un char tiré par quatre chevaux faisant sont entrée à Madrid a été côté 3.300f.

Toutefois la plus forte enchère concerna une noix en forme de sucrier sur laquelle l’artiste grava une allégorie de l’amour et de la fidélité avec des pampres et du feuillage. Cette pièce, qui fera bon ménage avec l’argenterie de famille, atteignit la somme de 4.880f. Une poire à poudre richement décorée de scènes de Molière a été estimés à 1.800f

Des emblèmes des compagnons serruriers rehaussant une poire à poudre furent appréciés par un antiquaire parisien pour 3.250f. Un joaillier d’Amsterdam enleva une Diane chasseresse tenant un cerf pour la somme relativement modique de 1.100f. Quant au corbeau et au renard de la fable, ils trouvèrent preneurs pour 400f.

Précisons que ces poires à poudre étaient faites à partir des noix de coco. Notons aussi que le représentant du ministère de la marine empêcha une enchère à 1.700f que des particuliers s’emparassent d’une noix figurant un trois mâts carré sous voile.

 

 

Article relevé dans la Nouvelle République du 21 Novembre 1976.



23/11/2012
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