Archives & Dossiers du Poitou-Charentes

Fidèles à leurs vieilles pierres (Vasles,1996)

 

M. et Mme de La Sayette vivent dans le château du même nom, près de Vasles, depuis, bientôt vingt ans. Ils l’ont racheté moins pour y mener une vie de châtelains  que parce que la demeure appartenait à la famille de La Sayette depuis 1380. Quatorze générations de la Sayette ont vécu dans ce château. C’est pourquoi j’ai tenu à le racheter dès que j’en ai eu l’occasion, affirme M. deLa Sayette. Pour lui, un château n’est ni plus ni moins qu’une grande maison de campagne. Mais il considère que les enfants doivent grandir dans une demeure familiale. « Il importe d’attacher les différentes générations à la maison de cultiver les racines familiales », poursuit-il. Dans la salle qui accueille en ce moment une exposition sur les vitraux, on remarque par exemple de petites traces de crayon sur le mur, un prénom et une date : c’est la taille du petit Louis de La Sayetteen 1862, celle d’Hilaire en 1868. Autant de traces importantes aux yeux du châtelain. « C’est le berceau de mes ancêtres », insiste t-il. « C’est un véritable conte de fée qui nous a mené ici », intervient son épouse. Le château appartenait en effet aux héritiers de la branche aînée des de La Sayette, ils n’ont pas souhaité le conserver et avaient entrepris une vente, cassée par la SAFER (l’organisme qui contrôle toutes les cessions des terres agricoles) La société a donné la priorité à un descendant de la famille. C’est ainsi que M. de La Sayette a racheté la demeure et une partie des bois en 1977.

 

20 ans de restauration

Depuis, le couple a entrepris de rendre le château habitable et l’a ouvert au public. Il était en effet inhabité depuis 1919 lorsqu’ils sont arrivés. La carrière de M. de La Sayette dans les travaux publics lui a permis de gérer la remise en état de l’édifice et du parc «en faisant appel essentiellement à des artisans de Vasles», précise le propriétaire. Leurs cinq enfants ont aussi participé. D’ailleurs, l’exposition sur l’art du vitrail, proposée jusqu’au 6 septembre au château, à été préparée par une de leurs belle-fille. Les plafonds de la  salle d’exposition ont été dégagés par leurs fils. Un château qui perpétue donc l’histoire familiale sans se refermer sur lui-même puisqu’il est ouvert au public quarante jours par an, pendant l’été. «Et nous tenons à accueillir le public et à présenter les visites nous-mêmes», précise Mme deLa Sayette. A l’arrivée d’un visiteur, c’est souvent un de leurs dix petits-enfants qui sonnent pour les prévenir.

«Nous avons un petit-fils de sept ans qui suit toutes les visites», sourit la châtelaine. La relève est donc assurée, la demeure ne risque plus d’être abandonnée !

 

Sandra Coantin                                              





Article relevé dans la Nouvelle République du 23 août 1996.



19/08/2012
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