Archives & Dossiers du Poitou-Charentes

Eau de Cologne et eau de baignade (Parthenay)

 

Le « Règlement de police de la ville de Parthenay », instauré en 1839, révèle des préoccupations désormais bien désuètes. On attache notamment beaucoup d’importance au comportement des citoyens.

Le « Règlement de police de la ville de Parthenay » de 1839 comporte de nombreux articles liés à la sécurité et la salubrité (NR du 19 octobre). Il est par exemple défendu « de gratter la route pour enlever les boues, sous prétexte de la nettoyer ». On interdit de plus de jeter quoi que ce soit par la fenêtre surtout « pour ne pas abîmer le pavé » ! Les risques d’incendie préoccupent également les élus. Aussi, les cheminées des fours, fondoirs et  cuisines doivent être ramonées 4 fois par an sous peine d’amende. Enfin, on n’autorise plus désormais le fait de tirer un coup de fusil dans une cheminée dans le but d’éteindre un incendie » !

 

Une surveillance serrée.

Le comportement des parthenaisiens –et de leurs animaux- fait aussi l’objet d’une surveillance serrée. Les cafés, cabarets et auberges doivent fermer à 22h. Il est en outre interdit de donner à boire avant 4h en été et 6h en hiver. De plus, il est rigoureusement « interdit de laisser divaguer les insensés et les furieux » : ils seront d’office conduits à l’hospice. Fumer dans les écuries, sous les halles et dans les promenades publiques est répréhensible. On ne doit pas non plus pas laisser boire plus de trois chevaux ou mulets en même temps à l’abreuvoir. Les chiens errants ou sans surveillance seront systématiquement abattus…

Pour protéger les bonnes mœurs, on interdit totalement en 1839 les loteries, les jeux de hasard, les boules et les quilles, tant sur la voie publique que dans les cafés où les cabarets. Il est obligatoire de s’inscrire au bureau de police si l’on souhaite se masquer et se déguiser ! Il est aussi « défendu à qui que ce soit de s’exposer au regard du public en état d’indécence ou de nudité désavouée par la bienséance ». D’ailleurs, la baignade doit s’effectuer près des chaussées, pendant le jour, en ayant revêtu chemise et pantalon… On nage en pleine pudibonderie.

D’autres articles du « règlement de police » de 1839 sont liés aux activités commerciales. Tout pain devra par exemple porter l’empreinte du numéro du boulanger qui l’a manipulé. On interdit notamment le colportage des « drogues simples » comme le « galan, la sanguenite, le vulnéaire de Suisse, les élixirs-dentifrices et les vermifuges ».

La vente d’eau de Cologne, enfin, est particulièrement réglementée : elle est autorisée uniquement pour ses vertus cosmétiques, et non pharmaceutiques.

Une vague odeur de répression plane donc sur certain parfums.

 

                                                 Laurent Fleuret.

 

Article relevé dans la Nouvelle République du 20 octobre 2006.



12/10/2012
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